Site officiel - beauvoisin.fr

Alain Bonijol, une cavalerie d'élite en Petite Camargue

L’émergence d’une nouvelle philosophie…

Depuis près de vingt ans, Alain s’est lancé dans cette folle aventure, motivé a redorer le blason du picador et de la cavalerie, protagonistes oubliés des corridas.
La corrida est organisée en trois temps (tierco de piques, de banderilles et de muleta), trois épisodes différents les uns des autres mais complémentaires dans l’œuvre d’ensemble.

Il souhaite fermement que le « tierco de vara », le moment des piques, retrouve ses lettres de noblesse. Il met en avant la cavalerie et apporte une nouvelle philosophie dans ce spectacle. Pour lui, le moment des piques, est le temps destiné à apprécier le « toro ». C’est l’épisode qui révèle le « toro » dans son intégrité, son agressivité, sa bravoure. C’est l’essence même de la corrida.

Pour en arriver là, le dressage d’Alain est un travail de longue haleine. Il a su imposer des chevaux plus légers et donc plus mobiles. Il en a fait de véritables « chevaux toreros ». Des acteurs à part entière qui offrent un moment de spectacle plus vivant et plus spectaculaire.

 Au delà de ce travail axé sur l’amélioration des caractéristiques du cheval pour mieux servir et aider le picador, Alain a longuement travaillé sur sa protection. Le matériel qu’il emploi et qu’il fabrique dans son atelier est le fruit d’un travail de recherche. Il a créé un nouveau « caparaçon » : une jupe qui assure la sécurité et l’intégrité physique du cheval.

Il a su associer des matériaux innovants et  résistants, sans aucune perte de protection si ce n’est qu’au final, le « caparaçon » Bonijol est allégé de près de 50 Kg. Alain a amené de par son travail des progrès considérables dans la protection du cheval. Aucun de ses chevaux n’a été blessé sur les dernières saisons. Son plus vieux cheval a 27 ans et profite d’une retraite bien méritée.

Sa passion, son travail ont bousculé les mentalités du mundillo. Il a fait cela pour l’éthique de la tauromachie où la médiocrité n’a pas sa place. Ces développements sont nés pour et dans l’esprit du spectacle. La « Cuadra Bonijol » a su acquérir souplesse, équilibre et musculature pour donner aux aficionados un combat spectaculaire entre l’équipe cheval - picador et le toro.

 

 

Le cheval de picador, artiste réhabilité…
Les chevaux qu’il utilise sont des croisements entre des chevaux de traits (de type breton,…) et des chevaux de selles (pur sangs espagnols, portugais, arabes).  A l’opposé des standards et de la généralisation des chevaux massifs, Alain amene ses chevaux vers plus de légèreté, de mobilité et améliore le dressage.

Il faut cinq ans de formation et d’entraînement quotidien et des paliers à franchir pour qu’un cheval puisse sortir en course. Il en fait des chevaux d'une grande maniabilité qui permettent aux picadors « d'appeler » le toro avec art.

Une première phase dite de dressage classique apprend au cheval la rectitude, à marcher droit, en avant, en arrière, à se déplacer sur les côtés, à reculer. Puis vient le moment du dressage spécifique, une période d’apprentissage et de répétitions dans ses petites arènes.

En 2009, la cavalerie Bonijol est sortie sur 80 courses. En 2010, ce sont près de 110 corridas (dont 50 en Espagne) qui attendent Alain et les bénévoles de l’association « El monosabio ». Au nombre de 60, chacun l’aide à Franquevaux et/ou lors des sorties en féria. Ils aident à l’entretien des écuries, à nourrir les chevaux. Ils préparent les chevaux et les habillent de leurs « caparaçons », aident le picador à monter en selle et accompagnent les chevaux pour entrer en piste dans les arènes de France et d’Espagne.

Alain et son équipe ont depuis quelques années gagné une reconnaissance de ce travail accompli. Apprécié dans le Sud Ouest (Vic-Fezensac, Bayonne, Béziers…) et en Arles, le mundillo espagnol parle de plus en plus de lui et lui ouvre les portes de ses meilleures « plazas de toros », avec l’entrée des portes de Madrid à l’horizon 2011 ou 2012.

En 2010, la cuadra Bonijol sera présente en Arles pour la Féria de Pâques, dans les arènes du Sud-Ouest et programmée sur une vingtaine de courses espagnoles (San Sébastian, Bilbao, Logrogne, Salamanque...).

 Au-delà des arènes, au cœur du Mas des Pointes, Alain a un autre projet, celui d’éleveur de chevaux. Un peu à l’étroit aujourd’hui, il essaie de concrétiser cette nouvelle orientation afin d’appliquer ses convictions et sa vision de la corrida, en faisant naître et en dressant de véritables chevaux toreros.